Nous avons toujours eu peur que le ciel nous tombe sur la tête, et peut-être un jour nous découvrirons qu'historiquement cette peur ancestrale a raison d'être. A moins, bien sûr, que nous ne puissions plus en témoigner s'il s'agit bien de notre futur à moyen terme comme le jeune Nico Marquardt l'a calculé, obligeant la NASA a réouvrir le dossier de ce potentiel astéroïde meurtrier. Si cet astéroïde a fait parler de lui à un moment, c'est plus à cause de son nom qu'à cause de sa probabilité d'impact avec la Terre, calculée à 1 sur 45 000 par la NASA. Le choix du nom est d'ailleurs intéressant : Apophis est un dieu-serpent  égyptien qui symbolise une puissance destructrice, toujours repoussée mais jamais anéantie. Il est également le symbole du non-être, de la non-existence car n'a ni commencement, ni fin, et il ne peut être détruit. Mieux, c'est un ennemi cosmique qui, chaque matin et chaque soir, attaque la Barque Solaire dans le seul but d'arrêter le temps et donc le déroulement de la vie.

Or voici que cet astéroïde du même nom refait parler de lui grâce aux calculs d'un lycéen allemand, Nico Marquardt, qui, dans un travail intitulé "L'astéroïde meurtrier Apophis" (dans le cadre d'un concours régional qu'il a remporté) fait passer la probabilité de collision avec la Terre à 1 sur 450 ! Cela aurait lieu le 13 avril 2029, et l'argument majeur de son travail est que la NASA n'avait pas pris en compte les satellites qui orbitent autour de la planète. Certains articles annoncent que la NASA aurait reconnu officiellement son erreur, alors que d'autres expliquent que les calculs de l'allemand sont faux et que cela a seulement obligé la NASA à revoir ses calculs en tenant compte en effet de ce paramètre. Nous apprenons alors que la limite de l'orbite géostationnaire, située à 35 786 km et dans laquelle évoluent 1120 satellites et autres objets spatiaux, serait franchie puisqu'Apophis passeraient à seulement 29 470 km de la Terre (ce qui n'était pas le cas dans les calculs précédents dans lesquels il passait au-delà de cette limite). Cependant, la NASA précise qu'avec son angle d'inclinaison, cet astéroïde ne présente aucun danger pour la Terre ni même, a priori, pour ses satellites. Rappelons pourtant qu'avec ses 21 millions de tonnes (selon le catalogue officiel des Near Earth Object de la NASA), Apophis est tout de même un sacré morceau dont on ne connait pas encore avec certitudes les caractéristiques. Quid des forces gravitationnelles alors potentiellement en action ? Mais d'ici là, nous aurons déjà le temps de risquer de disparaître dans un trou noir créé par l'homme, et bien sûr, si nous y échappons, il restera encore décembre 2012 (ou février 2011 selon le calcul de Barbara Hand Clow) et la signification mystérieuse de ce que cette fin de cycle représente. Alors 2029, finalement, c'est assez loin...

L'illustration ci-contre est d'Adam Burn.