Pour ceux qui vivent à Paris, il y a en ce moment la possibilité d'aller s'enrichir culturellement en visitant l'exposition sur les Phéniciens qui vient de s'ouvrir en ce début de mois dans le magnifique Institut du Monde Arabe (elle sera ouverte jusqu'au 28 avril 2008). Cela me donne l'occasion de me repencher un peu sur ce peuple qui pourrait être le premier à avoir traversé l'Atlantique... Il est déjà étonnant d'apprendre que ce sont les phéniciens qui ont inventé les bases de l'alphabet alors qu'ils n'ont laissé que très peu de textes et aucun texte littéraire. Il ne subsiste non plus pratiquement aucun édifice, l'utilisation de leur sanctuaire appelé "tophet" reste également entouré de mystères, et pour finir, de nombreux écrits d'autres peuples du bassin méditerranéen les présentent comme des habiles commerçants et des excellents navigateurs, ce qui permet à certains chercheurs de défendre la thèse de la découverte de l'Amérique par ce peuple, voir même de l'établissement de routes commerciales.
Plusieurs éléments viennent étayer cette thèse : le tabac et la cocaïne trouvés chez certains peuples qui commerçaient avec les Phéniciens, comme en trouve, en 1992, Svetla Balabanova (toxicologue et médecin légiste) au Musée égyptien de Munich en examinant la momie de Henoubtaoui (une prêtresse de la XXIème dynastie, 1085-950 avant J.C). La célèbre égyptologue Christiane Desroches-Noblecourt en trouve elle-même lors de la restauration de la momie de Ramsès II (dans son processus de momification, comme pour la momie précédente), soulignant le fait que le tabac n'était pas pourtant pas connu des égyptiens. La controversée carte de Piris Reis présente également les côtes de l'Amérique, avec les Andes et même la dessin d'un lama. Plutarque parle d'ailleurs d'un "grand continent" où se rendaient les carthaginois (Carthage étant une colonie phénicienne - les défenseurs de la thèse des routes commerciales vers l'Amérique expliquent d'ailleurs qu'elles ont disparu avec la destruction de la cité par Rome). Plein d'autres éléments pourraient être ajoutés à cela, mais il est plus facile d'établir des coïncidences dans un sens que l'on souhaite voir. Cependant, pour en lister quelques-unes, il y a la peinture d'un vase trouvé à Campeche (Mexique) où sont représentés des hommes avec trois couleurs de peau, la description du dieu Quetzacoatl (la peau blanche et le visage barbu), les statues de La Venta aux traits négroïdes, certains éléments de rites funéraires (les masques mortuaires en or typique des phéniciens, les petites statuettes de jade à la manière des shaouabtis égyptiens), et la grande énigme de la roue présente sur des jouets amérindiens à la manière des jouets phéniciens, mais dont le principe n'était pourtant pas développé de manière utilitaire. Enfin, il est connu et su que les phéniciens établissaient des comptoirs mais ne s'installaient pas pour autant dans les pays où ils avaient des échanges commerciaux, et en ajoutant à cela la possible destruction de telles traces par la conquête espagnole, la théorie de la découverte de l'Amérique par les phéniciens et le possible établissement de routes commerciales reste encore un sujet de controverse.
Pour conclure, l'exposition de l'Institut du Monde Arabe ne répond bien sûr pas à cette délicate et épineuse question, l'Histoire dans sa version officielle préférant conserver la découverte de l'Amérique par Christophe Colomb (pas même par Erick le Rouge alors que c'est quelque chose d'avéré aujourd'hui avec le site viking de L'Anse-aux-Méduses sur l'île de Terre-Neuve, classé au patrimoine mondial par l'UNESCO).
Beaucoup de sites Internet et d'articles parlent de l'échéance de 2012, chacun y allant de son interprétation. A l'origine, cette date est mis en avant à cause principalement du calendrier maya, et surtout parce que ses trois cycles (26.000 ans, 5 125 ans et 13 ans) prendraient tous fin le 21 décembre 2012. En fait, les choses seraient un peu plus complexes, comme ce livre le détaille. Le calendrier maya est un peu complexe car il utilise à la fois un compte quotidien et à la fois un compte sacré, et que les deux sont liés. Les mathématiques des mayas étaient complexes, sur une base 20 (et non 10 comme nous actuellement) et ils avaient intégré la notion de zéro. Barbara Hand Clow explique le calendrier bien mieux que je ne le ferais, ce qui rend la lecture de ce livre un peu ardue par moment, mais elle offre surtout une proposition séduisante : le calendrier tiendrait compte de l'accélération du temps au sein de ses cycles. Elle corrige d'ailleurs la date annoncée puisqu'avec ce compte précis, le calendrier prendrait fin plutôt en février 2011. Mais surtout elle va dans le sens de certaines interprétations : ce ne serait pas la fin du monde, mais la fin d'un monde, à savoir de ce que nous sommes actuellement. Et pour elle, l'héritage de ce calendrier est accompagné d'un message, celui de la nécessité de se replacer dans une vision galactique et non égocentrique, et de changer ses pensées et ses manières de voir le monde pour aider l'évolution de notre planète toute entière.
J'étais tombée par hasard sur un croquis en surfant sur Internet, et ce dernier a soulevé un grand trouble en moi. La notion de proportion parle d'autant plus à l'illustratrice que je suis qu'il est question d'un monument égyptien, et que ces derniers ont largement démontré leur savoir faire en architecture et en art. Certes, le sphinx est un peu mystérieux car la date réelle de sa création est sujet à de nombreux désaccord (2500 ans pour la version officielle, 6000 ans, 10500 ans, 11000 ans, 12000 ans, ou encore 30 000 ans pour d'autres comme je l'ai lu dans des livres ou des articles). L'érosion observée au niveau des pattes et du bas du corps est aussi source de discussions âpres, pour beaucoup il s'agit d'usure causée par de l'eau et non par le vent du désert. Enfin, il reste le mystère de la salle ou des salles souterraines, sans parler du crâne de cristal censé se trouver sous une de ses pattes.
... Dommage pour la richesse historique de notre planète que les autorités archéologiques ne tentent pas de corriger des potentielles erreurs au lieu de vouloir à tout prix défendre les théories officielles.
Comment aborder des sujets sensibles comme les crânes de cristal, les conspirations, les sociétés secrètes, la beauté cachée du monde, les facultés peu connues des êtres humains ou encore le pouvoir de la musique en un seul livre ? C'est pourtant ce qu'Arthur Colin fait dans ce roman. Sans paraphraser la quatrième de couverture, je dirai en résumé que ce roman raconte l'histoire d'Audrey, une jeune égyptologue qui va, en suivant des songes intuitifs, faire une découverte qui va bouleverser le cours de sa vie et sa connaissance du monde dans lequel elle vit.