Alexandréa

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Tag - Enigmes historiques

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lundi 1 décembre 2008

Encore du neuf sur notre passé

Deux articles récents ont retenu mon attention ces dernières semaines, car elles offrent encore un peu plus de précisions sur notre histoire. Il s'agit de la maîtrise du feu qui serait bien plus ancienne que les théories actuelles, et la découverte de la femme chamane âgée de 12 000 ans.

La gestion du feu a été une étape importante dans le développement humain, et jusque là il était admis que l'homme en avait acquis la maîtrise il y a environ 400 000 ans. Or des fouilles réalisées par l'équipe du Pr Naama Goren-Inbar dans le nord de l'Israël ont permis de déterminer que les hommes ont pu maîtriser le feu il y a 790 000 ans. Selon leur étude des silex et des restes de végétaux, les archéologues supposent que ces hommes pouvaient allumer des feux avec une méthode encore inconnue, et sans bénéficier des feux naturels liés à la foudre par exemple. Ce qui est intéressant avec cette découverte, c'est qu'elle situe la maîtrise du feu (ou au moins son utilisation s'il ne s'agissait que d'un entretien permanent) durant le paléolithique inférieur au lieu du paléolithique moyen.

L'autre article concerne une autre découverte israélienne, celle de la tombe d'une femme natoufienne qui serait, au vu des objets disposés autour d'elle, une chamane. Les recherches menées par le Dr Leore Grosmann ont mis à jour ce squelette d'une femme âgée d'environ 45 ans, couchée sur le côté dans une tombe ronde en pierres et en terre qui témoigne de son rang social. En outre s'y trouvaient cinquante carapaces de tortue, les os du bassin et des hanches d’un léopard, le pied d’un humain, des os de sanglier, la queue d’une vache sauvage, des fourrures et des crânes de martres et les os d’une aile d’aigle dont les plumes couvraient en partie son corps. Des éléments découverts dans la tombe ont montré qu'un rituel avait été suivi même dans la répartition des objets accompagnants la défunte. L'aura des femmes de cette époque (les natoufiens ont vécu entre 14 500 et 11 500 avant JC, c'est-à-dire durant le paléolithique supérieur) était grande, car elles étaient considérées comme guérisseuses et magiciennes.

Conclusion, voici deux découvertes qui permettent d'une part de réviser la chronologie établie, et d'autre part de découvrir que la place des femmes a pu être importante dans notre passé, au moins sur un plan spirituel.

La photo ci-dessus montre le site natoufien de Hilazon Tachtit où a été trouvé la tombe de la femme chamane.

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dimanche 14 septembre 2008

Tiahuanaco, la plus vieille ville de l'Histoire ?

En pleine lecture du passionnant L'Empreinte des Dieux écrit par Graham Hancock, j'ai eu envie de me pencher un peu plus sur un des vestiges dont il parle dans son périple et ses recherches. Située en Bolivie près du Lac Titicaca (dont on connaît l'image touristique des tranquilles barques de jonc, jumelles des barques de papyrus de l'antiquité égyptienne), les ruines de la civilisation de Tiahuanaco (ou Tiwanaku en aymara) montrent des vestiges imposants qui amènent de nombreuses questions.


Suivant la trace du concept troublant du dieu blanc et barbu qui se retrouve de l'Amérique du Sud au Mexique, Graham Hancock passe par le Lac Titicaca et par les ruines mégalithiques de Tiahuanaco où un temple a été consacré au dieu blond aux yeux bleus Viracocha.

Si la chronologie officielle a vite enterré la question de son âge en lui accordant comme date d'édification la plus ancienne 100 ans av. J-C, l'auteur et d'autres que lui sont persuadés que la cité est bien plus ancienne. La première raison vient des témoignages des premiers espagnols arrivés sur place. Ne découvrant que des ruines, ils apprirent des indiens vivants dans les environs que tout avait été érigé bien avant les Incas, et l'historien Garcilaso de la Vega dans son Commentaires royaux sur le Pérou des Incas souligne même le caractère très anciens des pierres, vestiges de bâtiments et statues. Le chroniqueur Pedro Cieza de Leon, lui, fût ébahi devant ses colossales proportions et considéra "cette antiquité comme la plus ancienne que j'ai vue au Pérou".
L'autre raison avancée, et la plus importante, est qu'autrefois la cité aurait été un vaste port comme le laissent à penser ce qui ressemble à d'immenses quais. Or, le lac se trouve entre 18 et 25 km de distance et surtout à 30 mètres en dessous du niveau de ces fameux quais. Or malgré ses 8200 km2 actuels, le Lac Titicaca n'est que le vestige d'une bien plus vaste lagune qui formait une mer intérieure sur l'altiplano. Pour preuve, on peut observer l'ancienne rive nord du lac qui est visible à 88 mètres plus haut que son niveau actuel, et 60 kilomètres plus au sud, la même rive se situe, elle, 82 mètres plus bas. En tenant compte de la position du port et de l'évolution des rivages du lac, cela signifierait donc que Tiahuanaco aurait été érigée en 15 000 av. J-C, ce qui est bien sûr fortement controversé.
Deux autres éléments pourraient attester cette théorie : la fort peu acceptée archéo-astronomie (une discipline que je trouve pourtant très intéressante) qui permit à Arthur Posnansky d'avancer la date de 15 000 av. J-C en tenant compte des alignements planétaires et solaires des temples, et la découverte de dessins et gravures d'animaux dont les espèces auraient disparues à la fin du pléistocène, soit vers 12 000 ans av. J-C.

L'autre mystère de ce lieu archéologique est l'aspect mégalithique de ses monuments. Comme je le soulignais plus haut, les chroniqueurs espagnols eux-mêmes furent frappés par le gigantisme de certaines pierres. L'examen pétrographique des matériaux ont permis de retrouver des carrières correspondantes à 100 et même 300 kilomètres de là. Certains monolithes pesant plusieurs tonnes furent donc transportés à travers des terrains généralement accidentés, sans bêtes de traits et par des peuples ne connaissant officiellement pas la roue, ou même le fer pour tailler les blocs. Des témoignages indiens recueillis par les espagnols laissent entendre que la cité serait apparue en une nuit, ou encore que les grandes pierres furent transportées dans les airs au son d'une trompette. Nous rejoignons là le véritable mystère archéologique constitué par toutes les traces de civilisations mégalithiques un peu partout sur la planète, un mystère auquel plusieurs auteurs (dont Dominique Jongbloed dont j'ai déjà parlé sur Etincelles) ont consacré études, recherches et ouvrages. Il ne faut d'ailleurs pas oublier de souligner les curiosités du site de Tiahuanaco que sont la pyramide à sept degrés d'Akapana qui présente un étonnant système de canalisations dont le but n'a pas été encore trouvé de nos jours, l'imposante et célèbre Porte du Soleil du temple de Kalasasaya et ses glyphes, et enfin les statues monolithiques que certains comparent aux Moais de l'Île de Pâques.

Le dernier élément à noter concernant ces vestiges est le fait qu'ils donnent l'impression d'avoir été inachevés, comme si un cataclysme avait mis fin aux travaux d'édification. Arthur Posnansky, qui a étudié le site pendant près de cinquante ans, explique que de nombreuses traces (blocs balayés et éparpillés, flore lacustre contenant des fragments de squelettes animaux et humains mêlés de débris d'outils et d'ustensiles) prouvent qu'il y aurait eu tremblements de terre et inondations au onzième siècle av. J-C - ce que des géologues confirment. Il semblerait même (mais je cherche une trace réelle de l'article en question) qu'un numéro de la revue Nature datant de 1971 précise que la dernière inversion géomagnétique aurait eu lieu il y a 12 400 ans, ce qui expliquerait les dégâts causés dans l'altiplano. Et bien sûr, une telle date accrédite au passage la thèse concernant l'âge réel de Tiahuanaco : il s'agirait donc bel et bien de la plus vieille ville de l'Histoire ?

La photographie ci-contre est de Tomonline.

mercredi 11 juin 2008

Les bras de la Voie Lactée

Je me suis souvent demandée comment nous pouvions connaître la forme de la Voie Lactée alors que nous peinons déjà pour envoyer des robots sur d'autres planètes ou en dehors de notre système solaire. Et dans un récent article, nous apprenons soudain que son apparence serait différente de ce que nous avions cru jusque là. Cela m'a donc permis de découvrir comment nous pouvions savoir ce genre de choses, mais également de me souvenir d'un article sur les lignes de Nazca où la Voie Lactée pourrait être représentée.


Comme tout le monde, j'ai appris étant jeune que notre Galaxie possédait quatre bras principaux (la Règle, le Centaure, le Sagittaire et Persée), et quelques bras plus petits dont celui d'Orion dans lequel se trouve notre système solaire. Or voilà que le télescope spatial Spitzer vient changer la vision des choses grâce à sa vision en infrarouge et l'étude de ses 800 000 photos durant les trois dernières années : notre Galaxie serait finalement "à spirale barrée", avec deux bras principaux, Persée et le Centaure, les deux autres étant finalement de plus petits bras au même titre que les autres. Si cela n'est pas révolutionnaire, c'est en revanche intéressant de voir que premièrement nous pouvons ajuster notre vision de la réalité même en étant un minuscule point de la Voie Lactée, et secondement que notre Galaxie est donc belle et bien à spirale barrée, après avoir longtemps hésité entre cette classification et celle dite "à spirale". Et du coup, je me suis souvenue de l'article que j'avais lu, une proposition de vision des lignes de Nazca assez complexe et qui tentait de prouver que le site présentait une carte stellaire avec les lignes de notre Galaxie et de ses pulsars, à la manière dont elle avait été représentée sur la plaque envoyée dans Pioneer 10. Mais du coup, avec cette nouvelle vision de la Voie Lactée, peut-être qu'il serait intéressant de se repencher sur cette théorie pour le moins originale et d'en vérifier l'adéquation actuelle ?

L'illustration ci-contre provient du site de la NASA : Astronomy Picture of the Day et montre la Voie Lactée telle qu'elle est donc réellement.

dimanche 18 mai 2008

Le Code du Christ - Phil Hartmann

Après le livre documentaire de Dominique Jongbloed (même si je n'ai finalement pas rédigé de billet à son sujet), c'est cette fois un roman qui a retenu mon attention en abordant des thèmes qui m'intéressent et attisent ma curiosité - même si c'est dans un genre très différent. Le livre de Phil Hartmann est un ouvrage dont j'ai du mal à savoir quoi penser tout en ayant été captivée... C'est peut-être une drôle de manière de commencer un billet, mais ce livre lui-même est assez particulier.

Avant tout, et c'est quelque part bien rappelé par la fin du livre, il s'agit bel et bien d'un roman. Certes inspiré de faits réels et donc en partie autobiographique comme cela est précisé en préambule, mais il s'agit d'un roman. Et finalement, je ne sais pas si ce n'est pas ce qui me laisse ce sentiment étrange après l'avoir refermé : qu'en penser, et où se trouve la frontière entre la part de réalité et la part romanesque ? Mais commençons par le commencement : ce roman où l'auteur se met lui-même en scène commence par les questionnements et les besoins d'une autre approche de la vie comme cela peut arriver à n'importe qui se sentant pris dans un engrenage "métro-boulot-dodo" qui fait défiler les heures et les jours à toute vitesse, et empêche bien souvent de s'épanouir et de vivre pleinement les choses avec un regard conscient sur la vie. Et c'est la tête plein de questions que Phil Hartmann découvre une clef avec une inscription, "232", qui lui ouvriront les portes d'une nouvelle compréhension du monde qui l'entoure et surtout d'une approche numérique des choses. Il va s'ouvrir alors à une nouvelle vision de la vie, de la société, des religions et même de l'histoire de l'humanité.

Je préfère préciser qu'il y a une dose de mathématique qui fait partie intégrante de son histoire et qui, si elle ne m'a pas gêné du tout, peut freiner certains lecteurs. Cependant, ces calculs sont essentiels car c'est eux qui justifient toute la démarche du personnage principal de cette histoire. Mais ce sont aussi ces calculs qui me donnent envie de pouvoir discuter avec l'auteur des choix qu'il a pu faire pour arriver à toutes les coïncidences extraordinaires qu'il explique dans son ouvrage : aimant bien comprendre les choses par moi-même (comme mon billet sur 2012 peut le démontrer), à certains moments je me suis demandé ce qui justifiait ses choix. Pourquoi soustraire 1 à telle équation et pas 2, ou 3, ou 7 ? Et même si je me reconnais dans cet enthousiasme débordant de sentir qu'on a trouvé quelque chose et qu'on veut à tout prix le rendre encore plus concret et évident et tout faire coïncider, je ne peux m'empêcher de vouloir comprendre ses choix et non pas d'accepter toutes ses démonstrations comme des postulats. Reste qu'on y retrouve des sujets présents sur mon propre blog, que ce soit la civilisation atlantéenne, l'archéologie, l'approche spirituelle, les cercles de culture, les manipulations de l'information, la vie extra-terrestre, les pouvoirs paranormaux ou encore le devenir de l'humanité. Retrouver dans le même livre autant d'éléments qui m'interpellent explique que ce roman ne m'a pas laissé insensible : peut-être est-ce pourquoi je suis également aussi exigeante vis-à-vis de ce que l'auteur expose, tout en ne pouvant pas complètement l'être vu qu'il ne s'agit que d'un roman ! Voilà toute la complexité de mon sentiment sur ce livre après l'avoir terminé.

Pour compléter ce que j'en dis, vous pouvez consulter sa fiche sur le site de l'éditeur mais également retrouver Phil Hartmann sur son propre blog... Et bien sûr, vous laissez tenter par sa lecture !
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lundi 25 février 2008

La NASA au service des archéologues

Alors que l'actualité récente parle du satellite que les américains ont détruits avec un missile à son entrée dans l'atmosphère, ces espions du ciel ont aussi des vertus archéologiques, notamment au Guatemala. Mieux, cette collaboration porte enfin ses fruits comme il en est question dans un article récent à ce sujet.

Depuis cinq ans, la NASA fournit aux archéologues travaillant sur l'histoire des Mayas les relevés des satellites AirSar et SERVIR. Ainsi, ils peuvent mieux étudier et mieux comprendre l'interaction entre la société précolombienne d'Amérique centrale et les éléments du paysage, limités par les difficultés logistiques et sur le terrain pour opérer une collecte des données au sol. Mais ce qui est encore plus intéressant pour eux, c'est que cela leur a également permis de découvrir cinq sites tentaculaires avec des centaines de bâtiments en utilisant un satellite espion qui peut voir à travers les nuages et la forêt et révéler ainsi des différences dans la végétation. L'archéologue William Saturno, déjà connu pour ses découvertes d'une fresque bousculant la chronologie maya jusque là admise ainsi que pour les plus anciens glyphes retrouvés de nos jours, explique d'ailleurs qu'il est plus facile de retrouver de cette façon les ruines recouvertes par la jungle trop dense. Il lui a fallu cependant interpréter ce que les données brutes pouvaient lui apprendre, les confronter avec la réalité sur le terrain et en tirer des conclusions exploitables par la suite sur l'ensemble des clichés. Pour finir, cela leur permet également, à lui, à son équipe et à son collaborateur à la NASA, Tom Sever, de mieux cerner la raison de la disparition brutale de cette civilisation florissante, sans doute la même que celle qui a également causé la disparition de la civilisation d'Angkor ou encore du peuple de l'Île de Pâques : une surpopulation entraînant une exploitation trop rapide et trop intense de l'environnement, créant un déséquilibre écologique tel que les hommes ne purent y survivre ou tout du moins rester dans les mêmes zones d'habitation. Sans doute une leçon à retenir pour notre présent...

© photo Standard-Deviations

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